Je fonctionne beaucoup avec mon intuition. Elle me guide souvent, que ce soit dans ma vie personnelle, dans mon métier de praticienne en psychopédagogie et enseignante. Ce que j’ai remarqué au fil des années, c’est que beaucoup d’élèves en difficulté mobilisent aussi leur cerveau intuitif.
Leur intuition les aide à compenser, à s’adapter, parfois même à trouver des solutions créatives là où l’analyse pure peut les bloquer. C’est une richesse souvent invisible, mais précieuse. Pourtant, comme pour moi, cet équilibre ne suffit pas toujours.
C’est là qu’intervient le cerveau conscient, celui qui analyse, planifie et organise. C’est en apprenant à l’activer régulièrement que l’on peut transformer ses forces intuitives en de véritables alliées pour avancer.
Le fonctionnement de notre cerveau repose sur deux systèmes complémentaires identifiés dans les sciences cognitives.
– Le cerveau intuitif (ou inconscient) est rapide, automatique. Il permet de reconnaître facilement un visage familier ou de réagir rapidement à un danger.
Exemples : « Je sais que 7×8 fait 56 sans réfléchir, car je l’ai appris par cœur. »
« J’ai deviné le sens du mot inconnu dans un texte grâce au contexte ou à des ressemblances avec d’autres mots déjà connus. »
Les élèves en difficultés l’utilisent souvent car il peut leur permettre de contourner les obstacles liés aux traitements plus complexes de l’information.
– Le cerveau analytique (conscient) est plus lent, réfléchi et nécessite une attention soutenue. Il entre en jeu pour résoudre un problème, analyser une situation ou apprendre une nouvelle compétence.
Exemples : Un élève qui prend le temps d’appliquer une méthode pas à pas pour résoudre une équation, même si cela prend plus de temps que de « deviner ».
Un élève qui relit sa rédaction pour corriger les erreurs, en vérifiant chaque phrase avec attention.
Son activation demande plus d’effort cognitif, ce qui peut être un défi pour certains élèves, surtout si leurs capacités attentionnelles sont sollicitées en excès.
Pourquoi les élèves en difficultés privilégient l’intuition ?
Tout simplement parce que c’est une voie plus « économique » en énergie et souvent moins stressante pour eux. Si le cerveau conscient est surchargé, par exemple par une tâche trop complexe ou un environnement peu sécurisant, ils s’appuient davantage sur leur intuition pour s’en sortir.
Cependant, sans un soutien pour développer leurs capacités conscientes comme la planification ou l’organisation, ils peuvent rester bloquer dans des stratégies qui ne les mènent pas toujours au succès.

Auteur : Pierre Duschene
Le rôle clé de l’équilibre
Les neurosciences montrent que le dialogue entre les deux systèmes est essentiel :
– L’intuition peut guider une première réflexion ou une décision rapide.
– Le cerveau analytique permet ensuite de vérifier, d’ajuster et d’améliorer.
Mon rôle, en tant que psychopédagogue et enseignante, est de guider ces apprenants et aussi leurs parents à naviguer entre ces deux mondes : intuition et réflexion, ressenti et stratégie. Parce que le potentiel est là, il suffit d’un accompagnement pour le révéler.





